Le service au coeur de l'évangélisation
Les chantiers éducation
Un lieu de rencontre et d’échange de mères de famille qui se mettent en « chantier »
pour revoir et enrichir leurs expériences quotidiennes d’éducation humaine et chrétienne.
et qui cherchent à valoriser les missions respectives du père et de la mère.
les chantiers éducation sont ouverts à toutes les personnes désireuses de donner le meilleur à leur enfant et proposent en équipe de réfléchir sur l'éducation. L'équipe sera alors un lieu d'évangélisation implicite.
La journée annuelle, des responsables et animatrices de la région Moselle, Meurthe et Moselle et Vosges à Peltre, a commencé par une prière méditative autour du sens du service. Nous vous la proposons en pièce jointe...
Christine Ponsard
Lyon, 2001
« Comment avancer dans le sens le plus juste du service pour répondre à l’appel de Dieu. Il est bon de nous mettre sous le regard les paroles que le Seigneur nous adresse et qui sont vivantes pour nous aujourd’hui et qui nous aident à entrer dans cet appel au service : je voudrais vraiment que nous nous situions sous le regard de Dieu, en comprenant bien à quel point le Seigneur est émerveillé devant nous. Si nous sommes là, c’est parce que nous avons le désir de répondre à l’appel du Seigneur., nous avons le désir de servir le Seigneur. Et le Seigneur est tellement mendiant de notre amour que ce petit désir qui est en nous, Il en est émerveillé, Il nous en est infiniment reconnaissant… Le Seigneur est plein de gratitude et d’émerveillement quand Il regarde chacun de nous. Et il me semble que c’est vraiment sous ce regard d’émerveillement de Dieu que nous devons nous situer, pour écouter, pour entendre, pour accueillir ce qu’Il a à nous dire.
Nous allons axer notre réflexion autour de trois paroles :
1-d’abord ce mot de Saint Paul qui nous invite à “ être serviteur pour l’amour de Jésus ” (IIème épître aux Corinthiens, chapitre 4 verset 5).
2-Ensuite, nous nous attarderons un peu sur Luc (17, 10) où Jésus nous dit que nous sommes des “ serviteurs inutiles ”.
3 -Et puis enfin, nous prendrons Marc (10, 28-30) où Jésus nous dit que tout ce qu’on Lui a donné nous est “ rendu au centuple ” dès maintenant, et dans le monde à venir, nous aurons la vie éternelle.
1- Alors, nous sommes appelés à être serviteur pour l’amour de Jésus.
Vous savez bien que, dans toute l’écriture sainte et très spécialement dans l’évangile, il est souvent question du service, des serviteurs : servir Dieu, servir ses frères. Jésus nous en parle souvent ; et le service, ce n’est pas un petit plus, ce n’est pas une option dans notre vie chrétienne ; c’est vraiment notre vocation de baptisé ; c’est notre vocation de disciple de Jésus que d’être serviteur. Notre vocation, c’est selon le beau mot de Saint Paul, c’est de “ servir à la louange de sa gloire ” (Ephésiens 1, 12).
Notre vocation, c’est de se faire les serviteurs de tous. Car Jésus n’a pas seulement parlé du service, Il a fait beaucoup plus ; Il a été au milieu de nous comme celui qui sert. Et on ne peut pas parler du service sans reprendre l’évangile du lavement des pieds, dans Saint Jean (chapitre13, versets 1 à 15). Vous connaissez bien sûr très bien cette page d’évangile qui s’achève ainsi : “ quand Il leur eut lavé les pieds, qu’Il eut repris ses vêtements et se fut remis à table, Il leur dit : comprenez-vous ce que je vous ai fait ? vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dîtes bien car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car c’est une exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez vous aussi comme moi j’ai fait pour vous ”. Nous ne pouvons pas réfléchir à ce qu’est le service, ni servir, sans regarder Jésus qui est à genoux devant nous, en tenue d’esclave pour nous laver les pieds. Nous ne pouvons pas ne pas regarder d’abord ça.
Et si Jésus, qui est Maître et Seigneur, est à genoux devant nous pour nous laver les pieds, cela nous montre à quel point et combien, nous à notre tour, nous sommes appelés à nous mettre à genoux comme des pauvres, pas comme des gens qui savent très bien, pas comme des gens qui ont à en remontrer aux autres, pas comme des gens qui rendent service comme si ils faisaient la leçon aux autres, mais des gens humbles, pauvres et petits, qui se mettent à genoux devant leurs frères pour leur laver les pieds. Celui qui veut être le premier, dit Jésus, doit être le serviteur de tous, dans Mathieu 20, 27. Celui qui veut être le premier, celui qui veut être le premier en sainteté, celui qui veut être le premier dans l’amour, qu’il se fasse le serviteur de tous
Donc, servir c’est un état d’esprit, c’est une manière d’être, dans toute notre vie, plutôt qu’un engagement ponctuel ou une accumulation d’engagements. Servir, c’est une manière d’être, d’être au service de nos frères, d’être serviteur à la suite de Jésus, et cette attitude du service, cette manière d’être, va se traduire après de diverses manières, va se traduire par exemple par la prise en charge d’une responsabilité, d’un service, dans une paroisse, dans un travail, dans un syndicat, dans toutes sortes de choses.
L’attitude intérieure du chrétien, dans toute sa vie, c’est d’être serviteur. Donc quand nous exerçons un service, ce n’est pas une parenthèse dans notre vie : je rends un service particulier à un moment donné, et après, c’est fini ; c’est dans toute ma vie chrétienne que je suis appelé à être serviteur de mes frères. Ce qui veut dire que, par exemple, servir va se traduire parfois par s’abstenir de faire, s’abstenir de rendre un service, pour laisser à l’autre la joie ou la gloire de rendre ce service. Quelquefois, dans la famille, on demande à un plus grand de ne pas rendre tel ou tel service, pour laisser à un plus petit la joie de l’accomplir, même s’il l’accomplit moins bien. En ce sens, servir c’est vraiment nous mettre au service de nos frères ; donc pas faire forcément ce que nous nous pensons le mieux, pas forcément nous mettre en avant, pas forcément répondre présent ; c’est aussi parfois savoir s’effacer pour laisser la place à l’autre, diminuer pour que l’autre grandisse ; accepter un service plus discret, plus humble, plus banal, pour laisser à d’autres la joie d’accomplir un service plus voyant, qui les mette plus en valeur, qui attire l’attention des autres, ou un service plus facile à réussir, ou je ne sais quoi. Être serviteur nous montre bien que le service auquel nous sommes appelés n’est pas en faire le plus possible, mais être le plus possible semblable à Jésus qui s’agenouille devant ses apôtres pour leur laver les pieds. »
La suite de cet article sera diffusée ultérieurement....