“Vivez en enfants de lumière !” - 2ème partie

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Église de France

 

Voyance, occultisme, attention danger

30 décembre 2008 | Mgr Jean-Pierre Cattenoz*

 

L’archevêque d’Avignon met en garde les chrétiens de son diocèse contre la voyance et l’occultisme sous toutes ses formes. Surtout, Mgr Cattenoz les invite à vivre toujours davantage en enfants de lumière, dans la lumière du Christ, lui qui est source de la vie.

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III- FAIRE LA VERITE ET VENIR A LA LUMIERE

 

En ces premiers jours de l’année, je voudrais rappeler à tous les chrétiens de mon diocèse non seulement qu’ils doivent s’interdire de s’adonner à l’occultisme, quel qu’il soit, mais également qu’ils ont le devoir d’informer et de dénoncer l’occultisme sous toutes ses formes, car il gratifie le Prince de ce monde, le Prince des ténèbres et conduit immanquablement à la ruine de l’homme. Ils doivent également dénoncer avec force le relativisme ambiant qui pousse l’homme à croire n’importe quoi puisque la vérité n’existe pas et que tout se vaut.

 

Mais plus encore, en ces premiers jours de l’année, je voudrais rappeler aux chrétiens de mon diocèse qu’ils ont le devoir d’annoncer Jésus Christ et Jésus Christ crucifié. Nous croyons en un Dieu personnel qui a un nom, qui s’est fait connaître et nous a révélé son amour. La révélation biblique est celle d’un Dieu qui a dit à Moïse : « J’ai vu la misère de mon peuple, j’ai entendu ses cris et je suis descendu pour l’en libérer. » Toute la Bible est l’histoire de Dieu qui part à la recherche de l’homme qui a cru pouvoir trouver le bonheur loin de son créateur et n’a pu trouver qu’un chemin de souffrance et de mort. Dieu n’aura de cesse qu’il n’ait retrouvé l’homme pour lui redire son merveilleux projet d’amour pour lui. Pour cela, Dieu le Père nous donnera son Fils, celui-ci viendra partager notre aventure humaine. Nous avons fêté sa naissance il y a seulement quelques jours. Lui, le Fils, nous fera connaître le Père et par sa mort sur la croix, il se chargera de tout le mal de tous les hommes de tous les temps pour permettre de retrouver le chemin de la vie. De son cœur transpercé ont jailli les torrents de l’amour divin qui viennent redonner vie au monde. Une histoire d’amour commence alors pour l’homme, il est invité à trouver le chemin du bonheur dans une intimité toujours plus grande avec son Seigneur au cœur de l’Église. Cette vision de foi en ce Dieu qui me dit : je t’aime et je t’ai aimé sur la croix pour que tu puisses vivre dans mon amour, cette vision est incompatible avec toutes les perspectives ésotériques actuelles où on s’imagine rejoindre une entité supérieure, une énergie impersonnelle qui n’a ni nom ni visage.

 

Nier la réalité d’une authentique rencontre personnelle avec Dieu en Jésus Christ, c’est contraindre l’homme, dominé par la peur, à chercher ailleurs la vie, le bonheur et toutes les sécurités qui lui sont indispensables. Comme l’écrivait G. H. Chersterton : « Quand les gens cessent de croire en Dieu, ce n’est pas qu’ils ne croient en rien, mais qu’ils croient en n’importe quoi. »

La parole de Dieu n’ignore pas toutes ces pratiques et sa position est ferme et claire. Elle ne conteste pas leur véracité, mais elle interdit absolument toute pratique de ce genre.

Essayons de faire rapidement la lumière dans cette nébuleuse obscure.

 

1/ Les pratiques occultes et le paranormal

 

Il existe une graduation dans les pratiques occultes. Le danger n’est pas de même nature selon les pratiques et la nature des actes réalisés : consulter en passant son horoscope n’a pas de conséquences aussi dramatiques que d’être pris dans les filets d’une secte satanique ; de même pour les séances de spiritisme, la voyance et la divination, les guérisseurs, magnétiseurs et radiesthésistes, la magie, la sorcellerie et l’envoûtement. Mais, dans tous les cas, il est risqué de s’aventurer sur ce terrain.

 

Le paranormal est constitué d’une nébuleuse extrêmement vaste. L’Église ne nie pas la réalité de phénomènes “paranormaux” c’est-à-dire dont la science officielle, dans l’état actuel de son avancement, ne peut expliquer la cause : télépathie, spiritisme, sorcellerie, voyance, lévitation, fantômes. Par contre, l’Église recommande un grand discernement, souvent difficile à opérer, sur ces sujets qui ne peuvent pas tous être traités de la même manière. Certains scientifiques, par exemple, s’intéressent à la parapsychologie et essaient d’aller de l’avant dans ce domaine, l’Église respecte leur recherche. Mais lorsqu’il s’agit de pratiques avec invocation d’entités supérieures, l’Église recommande la plus grande prudence, car nous ne savons pas ce que nous faisons. Nous sommes invités à prendre garde de ne pas invoquer des puissances malfaisantes, c’est-à-dire des êtres spirituels ou des démons que nous ne pourrions pas contrôler, et dont nous ne pourrions définir l’identité. Elle réprouve toute évocation des esprits, spiritisme, dialogue avec les morts, mantras, etc.

 

L’Église donne des éléments de discernement pour éviter que les personnes ne tombent dans des situations dangereuses ou pour les aider à en sortir. Il est important de différencier ce qui relève tout simplement de l’escroquerie pure, activité qui s’avère fort rentable ; ce qui relève de l’observation de la nature et de certains de ses phénomènes parfois inexpliqués ; ce qui relève de l’intelligence des praticiens notamment de certains « voyants ». Enfin, ce qui relève du contact avec des esprits mauvais. Il ne faut jamais hésiter à demander un discernement si on a un doute sur la nature et la gravité des actes commis.

 

2/ Les anges

 

Dans tout ce qui fait intervenir des entités spirituelles supérieures, il y a présence d’anges, soit bons, soit mauvais. Or, le propre des anges bons est d’intervenir uniquement dans un cadre fixé par Dieu pour mener les hommes au bien, à la vérité ou à l’amour authentique de Dieu et de leurs frères. Jamais un bon ange n’interviendra pour conférer aux hommes un pouvoir de domination sur les autres ou une capacité à prédire l’avenir, quel qu’il soit ; ils sont toujours et partout au service de Dieu et de son projet d’amour. En l’absence d’anges bons, ce sont forcément les anges mauvais qui se manifestent. Or ceux-ci se cachent ! Le propre des mauvais esprits est de mentir et de se révéler en êtres bienfaisants alors qu’ils sont malfaisants. Le démon sait très bien se déguiser en ange de lumière pour abuser ceux qui s’approchent de lui.

 

3/ L’astrologie

 

Il ne s’agit pas ici de s’interroger sur le caractère prétendument scientifique de l’astrologie — elle ne l’est pas —, mais sur le fait que non seulement beaucoup d’astrologues se disent « chrétiens », invoquent Jésus, Marie ou des saints et s’entourent de médailles ou même de statues, mais surtout que beaucoup de personnes qui les consultent se disent aussi chrétiens. L’astrologie est-elle donc conciliable avec la foi chrétienne ? Peut-on demander aux étoiles de nous rassurer sur notre futur ? Peut-on les supplier de nous accorder un peu de bonheur — titre du Salon de la voyance à Avignon en novembre 2008 ?

 

L’astrologie est une pratique superstitieuse qui conduit à d’autres formes de superstition, à la perte de la foi et mène souvent à d’autres pratiques plus graves de l’occultisme.

 

« On y risque surtout une dépendance. On ne fait rien sans consulter son horoscope quotidien. On finit par perdre l’usage normal de la réflexion et de la mise en œuvre de l’esprit d’initiative. On peut ainsi se plonger dans une paralysie malsaine qui s’enracine dans la peur et dans l’angoisse. On peut aussi finir par développer un attrait assez fort pour la divination, à partir de supports ésotériques, et tomber dans le domaine de l’occultisme. Porter une médaille avec son signe zodiacal est une façon d’afficher extérieurement qu’on croit en la puissance des astres. C’est donc à l’opposé de la foi chrétienne, car il s’agit de croyances païennes. Un vrai chrétien ne devrait jamais porter ce genre de pendentif [1]. »

 

L'astrologie donne une fausse idée de la création, de l'homme et de sa liberté : elle dépeint l'homme comme le jouet des astres, qui déterminent sa vie jusque dans ses moindres détails. Or, les astres ont pour mission de « raconter la gloire de Dieu » et de « manifester l'œuvre de ses mains » (Psaume 19,1), non d'influer sur le destin de l'homme.

 

La révélation a désacralisé l’univers. Le récit de la Création dans la Genèse va clairement contre l’existence de divinités célestes. Le Ciel, la lune et les astres sont tous créés par Dieu. L’univers n’est plus divin et n’est pas non plus l’avatar d’un divin impersonnel, mais il jaillit de la libre volonté de Dieu, l’Unique, rendant ainsi aux hommes leur liberté. Attribuer aux astres ce qui appartient à Dieu seul est idolâtrie. Dieu a créé l’homme à son image et donc fondamentalement libre.

 

L’astrologie est moins inoffensive qu’on pourrait le croire. Consulter son horoscope peut vite devenir insuffisant, surtout à l’époque actuelle où le marché des produits proposés est tellement vaste ! Ainsi, graduellement ou très vite, beaucoup d’autres portes vont s’ouvrir à toutes sortes de pratiques relevant du New Age, de l’ésotérisme, de la magie, etc. ou encore de croyances relevant de la réincarnation, du karma. Et tout cela bien souvent à notre insu.

 

On l’a vu, la superstition entraîne toujours une dépendance à quelque chose. Dès qu’elle ne suffit plus, on passe à l’ésotérisme ou à l’occultisme. Le point fondamental de l’ésotérisme consiste à croire en la révélation d’une tradition cachée depuis des millénaires, qui s’exprime à travers des symboles, des mythes, des religions ou des philosophies réservées à des adeptes privilégiés. Selon ces doctrines, l’homme se décompose en trois principes : le principe physique d’origine terrestre, le corps ; le principe astral et le principe spirituel d’origine divine.

L’occultisme, le monde de la magie, de la sorcellerie et de l’alchimie, dépendent quant à eux du pouvoir d’« êtres supérieurs » transmis à certains privilégiés grâce à une initiation.

 

(la 3ème partie de l'article sera publiée ultérieurement)

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